RAP01592
RENNES "PLACE DE LA REPUBLIQUE"
(35 238 72) (Ille-et-Vilaine)
DFS DE SAUVETAGE URGENT
01/12/97-10/04/98
Sous la dir. de Laurent AUBRY
REALISATION D'UNE STATION DE METRO
SOUTERRAINE
Avec le concours de la Société d'Economie Mixte des Transports Collectifs de
l'Agglomération Rennaise
Ministère de la Culture et de la Communication
S.R.A. de Bretagne, Rennes
A.F.A.N.
1999
IS3Z
Les prises de notes et de photocopies sont autorisées pour un usage exclusivement privé et non
destinées à une utilisation collective (article L 122-5 du code de la propriété intellectuelle). Toute
reproduction du texte, accompagnée ou non de photographies, cartes ou schémas, n'est possible
que dans le cadre du droit de courte citation, avec les références exactes et complètes de l'auteur de
l'ouvrage. Par ailleurs, l'exercice du droit à la communication exclut, pour ces bénéficiaires ou pour les
tiers, la possibilité de reproduire, de diffuser ou d'utiliser à des fins commerciales les documents
communiqués (loi n°78 -753 du 17 juillet 1978, article 10).
Le non respect de ces règles constitue un délit de contrefaçon puni par l'article 425 du code pénal.
Annexe 4
FICHE SIGNALÉTIQUE
g
12
S
§
5
o
ki
0
S
1
"g
S
s
g
Site n° :
_3JLa.
JL
A LEL
Département : ille-et-Vilaine.
Commune : Rennes
Lieu-dit ou adresse : Place de la République
Cadastre: 19 80
Année: 1980
Section(s)
et
parcelle(s) :
Domaine Public
Coordonnées Lambert :
Zone :
Abcisse : 301,050
Ordonnées: 1053,360
Propriétaire du terrain : Ville de Rennes
Protection juridique :
Altitude :
Autorisation n°:1997/76
Valable du 01/12 au 30/04
199 8
Titulaire: Laurent AUBRY
Organisme de rattachement :
A. F. A.
N
.
Antenne Grand-Ouest
Raison de l'urgence : Construction d'une station de métro
Maître d'ouvrage des travaux : Société d'Economie Mixte des Transports
Collectifs de l'Agglomération Rennaise.
Surface fouillée : 700 m2
Surface estimée du site :
* Mots clefs (thésaurus DRACAR pour la chronologie et les vestiges immobiliers) :
- sur la chronologie : Quaternaire
(
holocène
) ,
post-médiéval,moderne
- sur la nature des vestiges immobiliers : Alluvions anciennes
, pont,
cale,
. , , ,. .... socle de statue
- sur la nature des vestiges mobihers
:
céramiques ,monnaies
,
pieux en bois
* Notice sur la problématique de la recherche et les principaux résultats de l'opéra-
tion archéologique :
Mise en évidence de niveaux d'alluvions anciennes, de ves-
tiges liés à la construction du Pont-Neuf (1612) et de
l'aménagement de la cale du Pré-Botté (19è siècle) sur un
ancien bras de la Vilaine.
Lieu de dépôt du mobilier archéologique : Base de Rennes.
Joindre un extrait de la carte au 1:25 000
e
avec localisation du site
SOMMAIRE
N° Page
Fiche signalétique
Générique de l'opération
Remerciements
INTRODUCTION
1 - PRÉSENTATION DE L'OPÉRATION : 1
1.1 - Historique de l'opération 1
1.1.1 - L'étude d'impact préliminaire. 1
1.1.2 - Le diagnostic approfondi. 1
1.2 - La fouille archéologique de la Place de la République 2
1.2.1 - Planning de la phase fouille. 2
1.2.2 - Descriptif du phasage des travaux 2
1.2.3 - Objectifs de l'opération. 3
1.3 - Méthodologie 4
1.3.1 - L'équipe de fouille. 4
1.3.2 - Les contraintes techniques et les moyens mis en oeuvre. 4
1.3.3 - Méthodes et déroulement de la fouille. 6
1.3.4 - Réalisation du D.F.S. 7
1.4 - Cadre historique et géographique de l'intervention 9
1.4.1 - L'environnement historique du site
(par Nicolas Cozic)
9
1.4.2 - Le cadre géomorphologique
(par Anne Gebhardt)
1 1
1.4.2.1 - Les
travaux anciens
1.4.2.2 - Les
coupes géotechnique
du
chantier du
VAL
1.5 - Aperçu historique des vestiges rencontrés 13
1.5.1 - Le Pont-Neuf 13
1.5.2 - La cale du Pré-Botté 1 4
1.5.3 - Le socle de la statue de Le Bastard 1 5
2 - ÉVOLUTION CHRONOLOGIQUE DU SITE : 1 6
2.1 - Introduction 1 6
2.2 - Phase I : le cadre naturel (par Anne Gebhardt) 1 7
2.2.1 - Données générales 17
2.2.2 - Les formations naturelles antérieures au Pont-Neuf 1 7
2.2.3 - Les formations historiques 1 8
2.2.4 - Interprétation 1 8
2.3 - Phase II : XVII®
me
siècle 1 9
2.3.1 - Données générales 1 9
2.3.2 - Description de la fondation (F.5) 1 9
2.3.3 - Description de la fondation (F.6) 1 9
2.3.4 - Les bois utilisés dans les fondations 2 0
2.3.5 - Interprétation et datation 2 0
2.4 - Phase III : milieu du XIX
ème
siècle 2 3
2.4.1 - Données générales 2 3
2.4.2 - Description de la structure 1 2 3
2.4.3 - Interprétation et datation 2 4
2.5 - Phase IV : fin du X!X
ème
siècle 2 6
2.5.1 - Les autres structures 2 6
2.5.1.1 - Le
quai sud
2.5.1.2-Le
socle
de la statue
"Le Bastard"
3 - LE MOBILIER : 2 7
3.1 - Présentation 2 7
3.1.1 - La céramique
3.1.2 - Le mobilier métallique 2 7
3.1.2.1 - Les monnaies :
3.1.2.2 - Le matériel domestique :
3.1.2.4 - Les objets de parure :
3.1.2.4- Les autres objets :
3.1.3 - Le mobilier non métallique 2 8
3.1.3.1 - Les
objets divers
:
CONCLUSIONS 29
2ème partie, rapport paléoenvironnementale (par Anne Gebhardt) 3 0
4 - LES ANALYSES SÉDIMENTOLOGSQUES : 3 0
4.1 - Le travail de terrain 3 0
4.1.1 - Les sondages 3 0
4.1.2. - Description macroscopique des niveaux principaux 3 1
4.1.3. - Stratégie des prélèvements granulométriaues 3 3
4.2 - Les analyses de laboratoire 3 3
4.2.1 - Choix des méthodes d'analyse 3 3
4.2.2 - Les résultats granulométriaue 3 4
GÉNÉRIQUE DE L'OPÉRATION
Intervenants scientifiques et techniques (Phase fouille)
Direction de l'opération et titulaire de l'autorisation :
AUBRY Laurent, assistant d'études A.F.A.N.
Coordination technique :
BEGUIN Frédérick, assistant d'études A.F.A.N.
Équipe de fouille :
BEGUIN Frédérick, assistant d'études A.F.A.N.
DESFONDS Arnaud, technicien supérieur A.F.A.N.
VERTONGEN Sofie, technicien supérieur A.F.A.N.
VIPARD Laurent, technicien supérieur A.F.A.N.
BAKKAL Mostafa, technicien A.F.A.N.
COCHEREL Philipe, technicien A.F.A.N.
FEUILLET Gilles, technicien A.F.A.N.
MARET Frédéric, technicien A.F.A.N.
Topographie :
VIPARD Laurent, technicien supérieur A.F.A.N.
Dessins :
DESFONDS Arnaud, technicien supérieur A.F.A.N.
VIPARD Laurent, technicien supérieur A.F.A.N.
Photographie :
AUBRY Laurent, assistant d'études A.F.A.N.
BEGUIN Frédérick, assistant d'études A.F.A.N.
PAITIER Hervé, assistant d'études A.F.A.N.
VIPARD Laurent, technicien supérieur A.F.A.N.
Gestion du mobilier :
VERTONGEN Sofie, technicien supérieur A.F.A.N.
Spécialistes intervenant sur le terrain :
VERTONGEN Sofie, xylologue, technicien supérieur A.F.A.N.
GEBHARDT Anne, géomorphologue, Ingénieur A.F.A.N.
BERNARD Vincent, dendrochronologue à l'UMR 6566 C.N.R.S Rennes.
MARGUERIE Dominique, anthracologue et ingénieur de recherches à l'UMR
6566 C.N.R.S Rennes.
Communication
FROMENTIN Frédérique, chargé d'études A.F.A.N.
PICAULT Christelle, assistant d'études A.F.A.N.
Intervenants scientifiques (phase post-fouille) :
Direction :
AUBRY Laurent, assistant d'études A.F.A.N.
Collaboration :
VIPARD Laurent, technicien supérieur A.F.A.N (D.A.O).
COZIC Nicolas, historien. (L'environnement historique du site).
VERTONGEN Sofie, technicien supérieur A.F.A.N. (Étude des pieux en bois
du Pont-Neuf et des bois flottés).
GEBHARDT Anne, géomorphologue et Ingénieur A.F.A.N. (Le rapport
paléoenvironnementale).
BERNARD Vincent, dendrochronologue à l'UMR 6566 C.N.R.S Rennes, (les
données dendrochronologiques et xylologiques).
MARGUERIE Dominique, anthracologue et ingénieur de recherche à l'UMR
6566 C.N.R.S Rennes, (les données palyno-botaniques).
Participation :
COZIC Nicolas, historien. Orientations bibliographiques et recherches
historiques sur la cale du Pré-Botté et sur le Pont-Neuf. Toutes ses données sont
la synthèse de recherches menées sur l'évolution topographique de Rennes au
Moyen-Age dans le cadre de sa thèse et des recherches archivistes effectuées
lors de la réalisation de l'étude d'impact de 1991.
POUILLE Dominique, chargé d'études A.F.A.N. Identification et datation des
monnaies.
Intervenants administratifs :
Service Régional de l'Archéologie de Bretagne :
M. VAGINAY Michel, conservateur régional de l'archéologie.
M. BATT Michael, ingénieur d'études.
A.F.A.N. Antenne Grand-Ouest :
M. AGUESSE Gilbert, chef d'antenne.
M. BRETAGNE Patrick, adjoint au chef-d'antenne.
M. LETOURMY Didier, responsable comptable.
Maître d'ouvrage et financeur du projet :
Société d'Économie Mixte des Transports Collectifs de l'Agglomération
Rennaise.
REMERCIEMENTS
Les auteurs de ce D.F.S. tiennent à remercier :
M. VAGINAY Michel, conservateur régional de l'archéologie et M. BATT Michael,
ingénieur d'études, pour leurs participations et leurs conseils durant la mise en
place et le suivi de l'opération.
La S.E.M.T.C.A.R., maître d'ouvrage etfinanceur de l'opération archéologique et
tout particulièrement M. PERSEGOL Jean-Claude, directeur du département
coordination.
M. POTIN Jean-Pierre, service coordination S.P.S. du VAL
Melle RETOUT Nathalie, maîtrise d'oeuvre S.S.E. du VAL.
M. CAMPAN Alain, France Telecom U.S.O. et M. LE GOFF Christian, La Poste,
délégation ouest.
M. GIROUARD Marcel, (S.A.A.R.), conducteur de la pelle mécanique lors de la
phase décapage.
M. JIGOREL Alain, ingénieur INSA, pour sa collaboration concernant les questions
relatives au alluvions de la Vilaine.
INTRODUCTION
La station de métro "Place de la République" est située en plein coeur de
Rennes, au centre de l'actuelle Place de la République et en bordure des quais
sud de la Vilaine (fig.1). Cette ouvrage souterrain est lié à la construction de la
ligne du VAL qui a débuté le 6 janvier 1997. Celle-ci longue de 8,6 kms,
comprendra quinze stations (deux aériennes et treize souterraines) et quatre
parcs de stationnement-relais; Sa mise en service est prévue en l'an 2001 (fig.2).
Le tracé du VAL traverse la Ville de Rennes du sud/est (La Poterie) au
nord/ouest (JF Kennedy). Une portion de la ligne située entre la station
République et la station Saint-Anne recoupe le zonage archéologique défini par le
S.R.A au mois de juin 1998.
D'une surface d'environ 700 m
2
- la station "République" a la particularité
d'être situé à la verticale de l'ancien lit de la rivière, sur l'axe d'un pont aujourd'hui
disparu (fig.3). Celle-ci se trouve également à proximité immédiate du rempart et
de la ville du I5
ème
siècle (extra muros).
Les grands travaux liés à la canalisation de la Vilaine, réalisés au début du
XIX® siècle, ont malheureusement effacé de très nombreux témoignages
historiques.
La construction de cette station de métro offrait donc l'occasion unique de
vérifier par la fouille archéologique la présence de vestiges anciens enfouis.
La décision de prendre en compte les contraintes archéologiques a été prise
en novembre 1989 d'un commun accord entre le S.R.A. et la SEMTCAR
1
en
application du titre II de la loi du 27 septembre 1941 concernant la protection du
patrimoine archéologique national.
Le contexte géographique, topographique et historique du site ainsi que la
nature du projet ont conduit le Service Régional de l'Archéologie de Bretagne à
mettre en place une fouille archéologique de sauvetage urgent.
1
Société d'Économie Mixte des Transports Collectifs de l'Agglomération Rennaise (chargée de
construire puis d'exploiter le métro léger).
la/Cloustière
îgiW'BS^D ff^
••ïînît^*
lill
JfîrrÇdu-Nord
. ' F't v, AWJSï,
é^îurepà
[Centré hospitalier^.
^Rqntchalllqu!
WufThëïm
mKM. J!
«^Imironétit
>RvqirS\t
hydroc. . \
>e&
Jli v
l&JilomËier,
jIPjGijqetiere:
Fig, 1 : localisation géographique et topographique de l'opération sur carte I.G.N. au
1/25000è, (n° 1218 ouest, 1989).
1 - PRÉSENTATION DE L'OPÉRATION :
1.1 - Historique de l'opération archéologique
En février 1990,une convention comprenant trois phases succesives a été mis
en place par le Service Régional de l'Archéologie et la SEMTCAR maître
d'ouvrage :
- Étude d'impact sur l'ensemble du projet "V.A.L".
- Diagnostic approfondi sur certains secteurs.
- Fouilles et post-fouille des sites retenus.
1.1.1 - L'étude d'impact préliminaire
En février 1991, l'étude d'impact a été entreprise par deux archéologues et un
archiviste de
l'A. F.A. N
1
sous le contrôle scientifique du Service Régional de
l'Archéologie.
Leur travail consistait à entreprendre une recherche exhaustive sur
l'ensemble du tracé du V.A.L.
Cette étude pluridisciplinaire s'est étendue durant 3 mois. Différents types de
supports ont été dépouillés (archives et iconographies, vues aériennes et
cadastres anciens, fonds photographiques...).
Une recherche bibliographique complète menée en collaboration avec la
cellule carte archéologique (base documentaire informatisée gérée par le Service
Régional de l'Archéologie), a permis de recueillir des informations sur les
découvertes anciennes faites sur la ville de Rennes.
L'étude des carrotages géotechniques, pratiqués sur la totalité du tracé par
l'entreprise SIMECSOL, a offert aux archéologues des informations inédites sur la
composition du sous-sol de l'ensemble des stations. Les descriptions de ces
prélèvements ont permis d'évaluer, assez précisément, le type de sédiment ainsi
que l'épaisseur de matériaux à traiter sur les futures fouilles.
Ainsi les trois carrotages, entrepris sur la station "République", ont permis de
mieux appréhender le site sur lequel aucun sondage de reconnaissance
classique n'était possible.
1.1.2 - Le diagnostic approfondi.
Cette deuxième phase a été entreprise durant 3 mois par deux archéologues
contractuels de l'A.F. A.N
2
, à partir du 1er juin 1992.
Le but de cette opération était d'évaluer le potentiel archéologique des sites
préalablement jugés sensibles par l'étude d'impact entreprise en 1991 (Place
Saint-Anne, Place de la République, Boulevard Georges Clémenceau, l'Avenue
Henri Fréville et la Poterie).
Des séries de tranchées sondages pratiquées à l'aide d'un tracto-pelle ont
été réalisées sur l'ensemble de ces sites excepté sur la Place de la République.
1
Françoise Goupil, Alain Provost et Nicolas Cozic.
2
Dominique Pouille et Gaétan Le Cloirec.
Fig. 2 : Localisation géographique du tracé de la ligne du VAL (MCM info).
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
LA VILAINE
PONT-NEUF
PLACE DU PRÉ BOTTE
DAO laurant VIPARD-AFAN. Adobe lllustralor 6.0.
Fig. 3 : implantation de l'emprise du site avant la canalisation de la Vilaine sur plan cadastral ancien (1812).
1.2 - La fouille archéologique de la Place de la République.
1.2.1 - Planning de la phase fouille.
Préalablement à la phase fouille, une surveillance archéologique avait été
faite durant 12 jours au mois de novembre 1997, par deux archéologues de
l'A.F.A.N
1
. Leur travail consistait à surveiller le terrassement des niveaux
supérieurs de la station compris entre
-1
m et -4 m du sol actuel.
La fouille archéologique prévue du 1er décembre 1997 au 12 mars 1998 a
été pour des raisons techniques indépendantes de notre volonté, prolongée
jusqu'au 10 avril 1998 inclu.
Une interruption de la fouille du 9 janvier 1998 au 23 février 1998 (6
semaines) liée à des arrêts de chantier successifs et prolongés (rabotage des
parois moulées et pose des butons), nous a conduit après accords entre le maître-
d'ouvrage (S.E.M.T.C.A.R) et les exécutants (A.F.A.N. et S.R.A.) à repousser les
recherches archéologiques de 4 semaines (photo 1 et 2). Cette rallonge a été
rendu neccessaire afin de ne pas compromettre les résultats scientifiques de
l'opération.
1.2.2 - descriptif du phasage des travaux.
1ère phase - Travaux dans la partie nord de la station (réalisation de la paroi
Berlinoise, réalisation de la dalle de couverture et terrassement jusqu'à -5 m).
2ème phase - Travaux dans la partie sud de la station (réalisation de la paroi
Berlinoise).
3ème phase - Terrassement jusqu'à -1m du secteur sud sous surveillance
archéologique avant la pose du premier lit de butons dans la partie sud de la
fouille.
4ème phase - Reprise des terrassements sous surveillance archéologique de
-1m à -4 m.
5ème phase - Mise à disposition de l'ensemble de la surface du site aux
archéologues jusqu'à la cote -6,70 m.
6ème phase - Interruption du chantier de fouille (6 semaines) et réalisation du
rabotage des parois pour la mise en place du 2ème lit de butons sur les parties
sud et nord de la station.
1
Frédérick Béguin et Laurent Aubry.
Photo 1 : cliclé pris durant la
phase de rabotage des
parois berlinoises. Au
premier plan, on
distingue au sol la
protection mise en place
(géotextile et remblai)
destinée à protéger les
niveaux archéologiques.
Photo 2 : la mise en place des butons métalliques entreprise après la phase de rabotage a amputé
l'emprise de la fouille de 270 m2.
7ème phase - Reprise de l'opération archéologique sur l'ensemble de la
fouille accessible jusqu'à la cote -9 m environ. Cette profondeur correspond à
l'apparition du terrain naturel.
8ème phase - Poursuite des travaux liés à la construction de la station de
métro.
1.2.3 - Objectifs de l'opération.
La particularité de cette opération résidait dans le fait qu'aucune évaluation
préliminaire par sondage, n'avait put être réalisé. L'accessibilité du site n'a été
effectif qu'au démarrage des travaux de la station.
Les objectifs principaux étaient :
- Reconnaître le potentiel archéologique susceptible d'être préservé sur l'emprise
de la station et ce sur une profondeur d'environ neuf mètres.
- Étudier les éléments relatifs à l'évolution du site avant la construction de la
station "République".
- Protéger et conserver le mobilier susceptibles d'être découverts sur ce type de
fouille (Bois, cuirs, métal...).
- Déterminer la nature et la chronologie des vestiges susceptible d'être mis au
jour.
1.3 - Méthodologie.
1.3.1 - L'équipe de fouille.
Présente sur le terrain depuis le 1er décembre 1997, l'équipe était composée
en début d'opération de 5 contractuels A.F.A.N. (un responsable d'opération, trois
archéologues fouilleurs qualifiés et un ouvrier de fouille).
Le renfort en personnel s'est effectué progressivement selon l'avancement et
l'importance des travaux à réaliser.
La mise au jour dans l'emprise de fouille de niveaux d'alluvions très anciens
ainsi que la découverte de nombreux bois, a nécessité le recrutement d'une
géomorphologue à temps partiel, d'une xylologue à temps complet et de deux
ouvriers de fouille chargés entre autre du tamisage des sédiments.
La première était chargée de superviser la fouille et l'étude des alluvions afin
d'en tirer le maximum d'informations.
La xylologue avait en charge le prélèvement, le stockage, le conditionnement
et l'enregistrement des bois découverts (pieux, bois flotté).
Les prélèvements (Palyno,sédimento, dendro et granulo) ont été effectués par
une équipe de spécialiste dépendant du laboratoire d'anthropologie de
l'université de Rennes 1.
Deux personnes chargées de la communication des chantiers de fouille ont
travaillées simultanément sur les sites de République et de Saint-Anne
1
. Elles ont
pris en charge la diffusion auprès du grand public, des informations concernant le
déroulement, l'avancement et les premiers résultats de ces opérations
archéologiques. Pour ce faire, des panneaux d'affichages ont été installés à
proximité des sites concernés.
Des visites ont par ailleurs été organisées sur le site de Saint-Anne afin de
répondre aux nombreuses interrogations des Rennais.
1.3.2 - Les contraintes techniques et les moyens mis en
oeuvre.
Durant la majeure partie de l'intervention archéologique, nous avons été
confrontés à une multitude de contraintes incontournables sur ce type particulier
d'opération.
Les règles d'hygiènes et de sécurités ont été pour des raisons évidentes les
premières priorités de l'ensemble de l'équipe.
Le type d'ouvrage (structure profonde, en partie sous dalle) et
d'environnement (milieu humide), dans lequel nous devions passer 4 mois, à
imposé très rapidement la mise en place de techniques adaptées en partenariat
avec la Maîtrise d'Oeuvre du VAL et le CHSCT de L'AFAN.
La protection individuelle classique (bottes, casque et gants), dont était doté
chaque archéologue, a été complétée par un équipement supplémentaire pour la
fouille en milieu aqueux.
Les gants de cuir, tout d'abord, ont été doublés de sous-gant en latex à usage
unique. Cela compte tenu des sédiments humides et suspects manipulés sur le
terrain. La tenue vestimentaire à été pour des raisons pratiques, généralisée et
uniformisée à l'ensemble de l'équipe. Une combinaison de travail en coton a été
1
Frédéric Fromentin et Christelie Picaut.
fourni en double exemplaire pour palier au risque de projections et éclaboussures
diverses.
Des vêtements de protection intégrale à usage limité, ont été testé avec
succès lors de travaux particulièrement salissant (extraction de pieux, tamisage..),
tout au long de cette opération.
La circulation quasi permanente d'engins de terrassement ( pelle ou mini-
pelle et dumper) dans l'emprise du chantier pendant les diverses phases de la
fouille, a contribués à rendre difficile l'environnement sonore et olfactif. Pour
pallier à ces ennuis, des oreillettes antibruit montées directement sur le casque de
protection ont été affectées à tout le personnel et une ventilation forcée a été mise
en place par une entreprise spécialisée.
Tous ces problèmes se sont surtout vérifiés lors des travaux sous la dalle.
L'éclairage artificiel sous celle-ci a été mis en services qu'une solution
satisfaisante et appropriée fut trouvée.
Notre deuxième préoccupation fut d'organiser avec la maîtrise d'ouvrage et
les différents intervenants techniques, une stratégie de travail efficace.
De nombreuses réunions constructives ont été organisées à cet effet sur le
terrain, afin de planifier les étapes et les moyens nécessaires à la bonne
exécution de l'opération.
Le décapage archéologique à été entrepris à l'aide d'une pelle mécanique
de 121 munie de chenilles de marais et d'un godet lisse de curage de 2, 00 m de
large (photo 3).
Une mini pelle de 4,5t fut mise en services l'apparition de niveaux
archéologiques sensibles. Celle-ci s'est avérée particulièrement efficace dans la
réalisation des nombreuses tranchées sous dalle et lors de petits travaux délicats
comme l'extraction des pieux en bois.
L'évacuation des déblais engendrés par la fouille a été effectuée jusqu'à la
surface à l'aide d'une pelle-crapaud. Ceux-ci ont ensuite été acheminé par
camions hors de l'emprise de la station (photo 4).
Le maintient hors d'eau de la fouille fut durant toute l'opération l'un de notre
principal souci. Une pompe de 150m
3
/heure fut installée dans un puits de captage
situé dans la future cage Est de l'ascenseur de la station. Les eaux sales
provenant du pompage étaient ensuite dirigées vers un bassin de décantation,
avant de rejoindre les égouts de la ville.
Les prestations matérielles et les mises à disposition prises en charges par le
maître d'oeuvre étaient les suivantes :
- Trois bungalows de chantier de 25 m
2
(vestiaire, réfectoire et bureau) + les
fluides (eau, électricité, téléphone).
- Un conteneur pour l'outillage de fouille.
- Un bloc sanitaire complet mixte.
- Une descenderie métallique pour l'accès au chantier.
- Une pelle-crapaud et des camions nécessaires à l'évacuation des déblais
générés par la fouille.
Celles prises en charge par L'A.F.A.N. concernaient :
- Une pelle 15t à chenilles, avec chauffeur, durant les phases de décapages.
Photo 3 : ce type de pelle munie d'un godet large de deux mètres a été utilisée pour l'ensemble du
terrassement archéologique.
Photo 4 : cliché montrant les
moyens mis en
oeuvre pour
l'évacuation des
déblais de la fouille.
- Une mini-pelle 3,5t sans chauffeur.
- Un dumper.
- Un système de ventilation forcée et d'éclairage sous-dalle.
- La construction par une entreprise de chaudronnerie de la station de lavage et
de tamisage.
1.3.3 - Méthodes et déroulement de la fouille.
La stratégie de fouille adoptée sur ce type de site bien particulier s'est mise
en place petit à petit.
Nous n'avions pour nous guider que des présomptions concernant
d'éventuels vestiges archéologiques susceptibles d'être mis au jour dans
l'enceinte du site :
- époque gallo-romaine : dépôts votifs ou domestiques
- époque médiévale et moderne : rempart du XV®
me
siècle, aménagements de
berges, habitats, rejets domestiques, Pont-Neuf et cale du Pré-Botté (Toulmouche.
A, 1847).
Les 3 carottages géotechniques de SIMECSOL effectués transversalement à
l'axe de l'ancien lit de la Vilaine (fig.8), nous ont orienté quant à l'épaisseur et sur
la nature des sédiments susceptibles d'être rencontrés (remblais ou alluvions).
Le décapage général entrepris à partir de la cote 24,20m N.G.F. a consisté à
purger mécaniquement les remblais modernes jusqu'au niveau d'apparition des
premiers vestiges (photo 5).
Seul le terrassement sous la dalle de couverture a posé problème. En effet, la
charge sous celle-ci étant insuffisante en début d'opération (1,20 m de hauteur), le
déblaiement mécanique n'a put-être réalisé que dans un second temps.
s le début de l'opération, le chantier a été divisé en deux zones bien
distinctes (fig.4). La zone
1
(côté sud) sur 170 m
2
correspondait à l'emprise de la
cale du Pré-Botté matérialisée sur le terrain par le mur de quai (F.2).
La zone 2 (côté nord), d'une superficie de 500 m
2
couvrait la majeur partie du
site et correspondait au canal de navigation de la cale.
Les vestiges de la cale du Pré-Botté apparus à la cote 23,00m N.G.F. ont été
rapidement étudiés afin de poursuivre le décapage archéologique jusqu'au
niveau situé à 21,50m N.G.F.
Cette cote correspondait à la mise en place du deuxième lit de butons
indispensable à la consolidation de l'ouvrage et au rabotage de la paroi moulée.
Il faut préciser que la pose de ces éléments métalliques a amputé l'emprise
de la fouille de 270 m
2
et ne nous a donc pas permis d'explorer intégralement le
site.
L'apparition de vestiges (pieux en bois et niveaux fragiles), à environ 0,50 m
sous cette cote, a nécessité la mise en place d'un système de protections
localisées (plaques de métal, remblais sur géotextile) de ces niveaux
archéologiques durant cette phase de travaux.
La reprise du décapage consistait à purger mécaniquement les
contaminations dues aux roulements répétés des engins de terrassement lors des
phases de rabotage et de butonnage (photo 1 et 2).
Photo 5 : le décapage général a consisté à purger mécaniquement les remblais modernes jusqu'au
niveau d'apparition des premiers vestiges.
Photo 6 : mise en évidence de
l'arasement supérieur
des pieux liés à la
fondations de la culée
nord du Pont-Neuf
(F.5).
Fig. 4 : localisation des zones
1
et 2 dans l'emprise de la fouille.
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
Planimétrie: système de projection VDR.
Dès l'apparition du niveau correspondant au creusement du canal de
navigation du Pré-Botté, nous avons mis en évidence l'arasement supérieur des
fondations du Pont-Neuf (photo 6).
Les relevés en plan ont permis de repositionner précisément le pont dans son
contexte géographique actuel.
Une série de six coupes stratigraphiques a été réalisée perpendiculairement
et parallèlement à l'ancien cours de la Vilaine afin de déterminer la nature des
dépots sédimentaires et de connaître leur chronologie (fig.5).
Tous les vestiges ont été relevé en plan et en coupe. Le système de
projection VDR (Ville De Rennes) nous a servi de référence pour l'ensemble des
levés planimétriques.
Le nivellement général du site a été effectué par rapport au niveau général de
la France (NGF).
Une couverture photographique (couleur et noir et blanc) de l'ensemble des
vestiges a systématiquement été réalisée durant l'opération.
Deux types de fiches ont été utilisés pour l'enregistrement des données de
terrain : le premier concerne les unités stratigraphiques et le second les Faits
archéologiques.
La numérotation des US a été débutait au numéro 1000 et celle des Faits au
numéro 01. Pour une meilleure compréhension lors de la description des vestiges,
l'US sera directement suivi du n° de Fait correspondant quand celui-ci existe (ex :
1000.01).
1.3.4 - Réalisation du D.F.S.
Le déroulement de la post-fouille s'est effectué en trois phases du fait des
résultats tardifs concernant les datations C14 effectuées pour les études
dendrochronologiques et géomorphologiques. Celles-ci n'étaient disponibles qu'à
partir du mois d'octobre 1998.
- Du 14 avril au 12 juin 1998, un responsable, un dessinateur DAO, une
xylologue et une géomorphologue à temps partiel, ont participé à cette première
partie de la post-fouille (rapport xylologique, traitement des données de fouille, du
mobilier et de l'archivage.
- Du 05 octobre au 31 octobre 1998, un responsable, un dessinateur DAO et
une spécialiste se sont attachés à travailler sur leurs deux rapports conjointement
(synthèse archéologique pour les premiers et paléoenvironnementale pour la
géomorphologue). Cette dernière travaillera du 13 octobre 1998 au 08 février
1999.
- Deux semaines en janvier et février 1999 ont été planifiées afin de
synthétiser les données paléoenvironnementales avec l'étude archéologique
(réalisation d'une synthèse commune), et mise en forme définitive du DFS.
Le contenu du rapport à lui été divisé en deux partie bien distinctes :
-1ère partie - Après la présentation générale de l'opération (historique de
la fouille, méthodologie..), nous nous sommes attachées à décrire le contexte
géographique, historique et géologique du secteur.
Fig. 5 : localisation des six coupes stratigraphiques réalisées sur le site.
Une description analytique des différentes phases a ensuite été entreprise.
L'interprétation et la datation des vestiges mise au jour sera tenté afin de
déterminer l'évolution chronologique du site.
Un annexe contiendra entre autre l'inventaires du mobilier et l'étude
numismatique.
_ 2©me partie - Rapport complet des études paléoenvironnementales
englobant l'ensemble des résultats de toutes les spécialités ayant intervenues sur
le site (géomorphologue, xylologue et dendrochronologue).
1.4 - Cadre historique et géographique de l'intervention
1.4.1 - L'environnement historique du site, (par Nicolas Cozic)
1ère période : Le haut Moyen-Age.
La proximité de la Cité, distante d'une centaine de mètres, et la nature même
du site, berge de la rivière de "Vilaine", permettent de formuler l'hypothèse d'une
occupation humaine de cet espace.
L'analyse du réseau de la voirie urbaine tel qu'il apparaît au Bas Moyen-Age
(direction, largeur des voies) met en évidence un franchissement probable de la
rivière à cet endroit par l'axe majeur nord/sud. Ainsi la rue aux Foulons, au nord, et
la rue Toussaints, au sud, sont parfaitement alignées.
Ce passage aurait été déplacé au Bas Moyen-Age en amont, pont de Saint-
Germain, et en aval, pont de Vilaine ou de l'Ille, pour des considérations militaires.
2éme période : Xlème
m
j|j
eu
xv
ème
siècle.
Au Xll®
me
siècle, les textes révèlent l'existence du Bourg de la Baudrairie. Ce
bourg, modèle classique du développement suburbain à cette époque, est
constitué d'une rue bordée de parcelles en lanières qui s'étendent jusqu'à la
rivière. Le toponyme de "Baudrairie" renseigne précisément sur la vocation de cet
espace, dévolu au travail du cuir.
Ces activités bénéficient à la fois de la présence de l'eau et de l'existence
d'un marché aux bestiaux à proximité (sur l'actuelle Place de la Mairie).
Du Xll®
me
au milieu XV®
me
siècle, les sources écrites attestent de la
permanence de ces activités : nombreuses mentions de baudroyers, de
peaussiers, de parcheminiers, de bouchers..etc.
Plus en aval, au niveau du pont Saint-Germain, la draperie se développe de
part et d'autre de la rivière, et notamment la teinturerie.
Cet espace, proche des remparts de la Cité, a connu des phases d'abandon
temporaire lors des guerres. Au cours de la guerre de Succession (1341-1364), la
partie occidentale de la rue de la Baudrairie a été complètement rasé; la
reconstruction s'opère juste après la fin du conflit.
3ème période : milieu XV®me. xvi®me siècle.
Lors de l'édification des fortifications autour des faubourgs orientaux, un
rempart est construit le long de la Vilaine de 1443 à 1444; certains documents
laissent à penser que la muraille aurait été établi dans le lit même de la rivière.
Devenu rapidement caduc, cette muraille va être vendues 1468 à chaque
riverain. Ceux-ci vont démanteler ce rempart, ne conservant que la base pour
stabiliser les berges de la rivière.
Les activités liées au cuir semblent avoir décliné, d'autres quartiers situés
dans les faubourgs ayant pris le relais.
4ème période : la construction du Pont-Neuf.
Au début XVIlème siècle, la ville de Rennes ayant décidé de créer un
nouveau passage entre la haute et la Basse ville, celle-ci perce deux nouvelles
rues de part et d'autre de la rivière de la Vilaine.
Le procès-verbal d'arpentage décrit précisément l'occupation des rives : des
terre-pleins en remblais par delà le rempart du XV®
me
siècle ont été réalisés pour
servir de jardin, d'appontement pour le maigre trafic fluvial ou plus prosaïquement
de cabinet d'aisance s'évacuant dans la Vilaine.
Un pont, le Pont-Neuf, est édifié en juin 1612. Les berges sont loties et des
constructions imposantes s'élèvent progressivement sur la rive nord.
5ème période : la canalisation de la Vilaine.
Le vieux projet de canalisation de la rivière dans la traversée de la ville se
concrétise finalement au milieu XIX®
me
siècle. La rectification du cours de la
Vilaine, la construction de quais et surtout l'établissement de la cale du Pré-Botté
destinée à desservir notamment la Halle aux Toiles perturbent radicalement le
tissu urbain existant et décapent en profondeur les installations antérieures.
A. Toulmouche qui a suivi ces travaux mentionne la mise à jour et la
destruction du rempart du xvème siècle, vers la fin XIX
ème
ou le début XXème.
Le comblement de la cale du Pré-Botté et l'édification du Palais du Commerce
achèvent cette transformation radicale du tissu urbain.
1.4.2 - Le cadre géomorphologique, (par Anne Gebhardt)
1.4.2.1 - Les travaux anciens
La Vilaine prend sa source à une cinquantaine de kilomètre à l'est de
Rennes, au frontières du département, dans les formations paléozoïques (Ere
Primaire). Après avoir traversé des formations Briovériennes et granitiques de la
région de Vitré, son lit s'élargit dans le bassin tertiaire de Rennes entre Acigné et
Pont-Réan (fig.6).
Il n'existe aucune relation directe entre le relief et le réseau hydrographique
de la Vilaine. Les grandes structures géologiques sont orientées est/ouest, alors
que la Vilaine traverse ces formations.
Son tracé hydrographique est fortement influencé par la tectonique post-
helvetienne (fin du Pliocène) Nord-sud et une élévation du niveau marin à la fin de
l'ère tertiaire (Miocène/Pliocène). C'est ce qui explique son caractère localement
encaissé au sud de Rennes (Durand et Lardeux, 1985), et la communication entre
la Manche et l'Atlantique par les vallées de la Rance et de la Vilaine.
A Pont-Réan, une barrière schisteuse naturelle retient en amont les alluvions
de la Vilaine. Elles peuvent alors s'étendrent entre 0,5 à 2,5 km de largeur au
niveau de sa confluence avec l'Ille, La Flume, le Meu et la Seiche.
Peu de travaux sont disponibles à ce jour concernant les alluvions de la
Vilaine. La première étude granulométrique a été menée par Berthois (1928). Il
s'agissait d'une comparaison de sables provenant de Bourg-des-Comptes avec
des sables d'Ecosse, dans le but de démontrer une éventuelle influence glaciaire
sur ces dépôts.
D'autres références au sujet des formations quaternaires rencontrées dans le
lit de la Vilaine font état de sables et graviers rouges attribués au Saalien
surmontés par des sables et graviers gris weichseliens le tout recouvert par des
argiles et limons de débordement gris flandriens.
Une datation C14 effectuée sur des troncs d'arbres fossiles trouvés dans la
gravière de Cramoux, sur le Meu, place la limite des graviers/limons à 5140+/-
100BP (Jigorel, 1972, 1978).
Une étude palynologique des sédiments plio-quaternaires effectuée en basse
Vilaine, dans les marais de Redon (Durand et Kerfoum, 1961), fait état de
sédiments gris très argileux, épais (3 à 17m), passant à des vases plus
organiques voire tourbeuses dont la base remonte à l'époque Boréale (fig.7)
1.4.2.2- Les coupes géotechniques du chantier du VAL
Des informations sur la largeur du lit de la Vilaine sont données par la lecture
des sondages géo-techniques et par les relevés effectués par SIMECSOL, dans le
cadre de la construction du Val à Rennes (fig.8).
Au niveau de la Place de la République le lit majeur de la Vilaine approche le
kilomètre Nord/sud. Il est repéré à la station République et à la station Charles de
Gaulle, et au vue de la topographie on peut penser qu'il s'étend dans la
dépression allant des quais (rive droite) à la place de la gare.
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
Monfort
/Meu
Ll yiUÙu^y?
Châieaubourg
ENNES
Bourg des
ti-Comptes
Dépôts tertiaires
Paléozoïque sédimentaire
Formations briovériennes
+ +
+
Granités
Fig. 6 : les formations géologiques traversées par la Vilaine en amont de Rennes (d'après Jigorel, 1978).
Fig. 8 : log stratigraphiques dans le lit de la Vilaine d'après les sondages de SIMECSOL (échelle latérale non respectée).
Les travaux géotechniques laissent apparaître trois ensembles de haut en bas :
- les remblais anthropiques
- les alluvions de la Vilaine
- le schiste micacé paléozoïque métamorphisé au contact du granité. Ce dernier
présente une surface d'altération très irrégulière et qui peut atteindre près de 7m
d'épaisseur en B56SC1.
Les alluvions sont différenciées en sables et graviers plus ou moins grossiers,
localement intercalées de sables fins et argiles. Des passées organiques ont été
repérées en B46SC6. Cette première approche montre donc un lit majeur assez
large, qui a laissé des dépôts hétérométriques, plutôt hétérogènes (fig.9).
Ere
Epoque
Ape RP
Chronologie IV
3 000 a
Subatlantique
6 000 a
Subboréal Flandrien
Holocène
8 000 a
Postglaciair e Atlantique
(transgression
marine}
9 000 a
Boréal
(transgression
marine}
10 000 a
Préboréal
Weichselien
Quaternaire
Pléistocène
sup
BO
000 a
12 000 a
interglac.W/S
m
°y 70 000 a
Saalien
180 000 a
Pliocène
Miocène
Tertiaire
Oligocene
Eocéne
Paléocène
65 ma
Secondaire
230 ma
Primaire
570 ma
Antécambrien
Briovérien
1 000 ma
Fig. 7 : stratigraphie des principaux ensembles sédimentaires du bassin de la Vilaine en amont de
Rennes mentionnée dans le texte.
RENNES
VAL STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
NORD
SUD
Station
République
Station
Charles de Gaule
Vilaine
B4GSC6
10
Remblais anlhropique
Alluvions indifférenciées
Schistes altérés
Schistes sains
Fig. 9 : extension du lit majeur de la Vilaine, lithologie des alluvions et localisation des sondages de SIMECSOL (d'après le document géotechnique hydrologique SIMECSOL).
1.5 - Aperçu historique des vestiges rencontrés
1.5.1 - Le Pont-Neuf
Ce pont en pierre était à l'origine composé de 2 piliers avec arrière-bec et de
2 culées s'appuyant sur les berges. Chacune d'entre elles était prolongée par une
maçonnerie, d'environ 4,00 m de longueur et 1,30 m de large, servant à raccorder
la voirie à l'ouvrage.
Une voûte centrale précédée de part et d'autre de deux plus petites,
donnaient au Pont-Neuf un profil en dos-d'âne (fig.10).
La largeur du tablier était de 9,00 m environ. La longueur de l'ensemble
devait avoisiner les 31,00 m.
C'est munie de l'autorisation d'Henri IV, que la communauté de la ville de
Rennes posa la première pierre du Pont-Neuf le 4 juin 1612.
Un procès-verbal indique qu'une plaque commémorative en cuivre fut mise
en place sur celle-ci à cette occasion.
D'un diamètre de 12 cm, cette médaille gravée portait d'un côté l'effigie de
Louis XIII enfant et de Marie de Médicis et de l'autre, les armes de la ville de
Rennes.
Un compte-rendu de chantier, signale également que la fondation maçonnée
de la culée nord (haute-ville) a été fondé à 3 pieds et demi (1,14 m) et en
surplomb du rempart du I5®
me
siècle, car celui-ci était dans un très mauvais état
de conservation.
Des problèmes techniques, duent à l'entrepreneur chargé de la construction,
sont mentionnés dans deux procès-verbaux rédigés par un Ingénieur-Contrôleur
chargé d'inspecter les travaux.
Le premier, de novembre 1612, concerne un litige en rapport avec les pieux
de bois utilisés pour fonder le pilier du pont côté basse-ville. Cette requête indique
que les pilots de 2 pieds (0,65 m) mis en place, étaient de longueurs insuffisantes
pour asseoir la fondation sur le dur et que des pieux d'une longueur de 8 pieds
(2,60 m) étaient donc nécessaires.
Le second, daté du 8 juin 1613, conteste la solidité des voûtes du Pont-Neuf
qui selon lui sont mal bâties et somme l'entrepreneur de refaire son ouvrage non
conforme au bail de construction du 22 janvier 1610
1
.
Le 28 février 1838, un avant-projet concernant les futurs travaux de la
canalisation de la Vilaine indique que ce pont était en fort mauvais état et étayé
depuis plusieurs années déjà.
Cette édifice âgé de 228 ans fut démantelé entre 1841 et 1847 lors de la
construction de la cale du Pré-Botté et de la canalisation de la Vilaine.
Les observations faites par Mr A.Toulmouche, durant la démolition du pont,
nous renseignent sur les très nombreuses découvertes mobilières (monnaies et
céramiques d'époques diverses) et immobilières ( tours et rempart du I5®
me
siècle), effectuées durant ces travaux. On retrouva également la plaque
commémorative de 1612 citée plus haut.
Cet historien s'est également attaché à décrire de façon sommaire les
niveaux géologiques rencontrés lors des terrassements.
1
source
:
Archives Municipales de Rennes. Liasse n°216.
Fig. 10 : lithographie du XVIIIème siècle représentant le Pont-Neuf vu de l'est (d'après Nat. par H. Lorette).
1.5.2 - La cale du Pré-Botté.
La cale du Pré-Botté était située en plein centre de Rennes sur la rive droite
de la basse-ville à une époque où la batellerie, encore florissante, était une
source importante pour l'approvisionnement en matériaux et en marchandises de
la cité Rennaise.
La navigation à l'intérieur de la ville a été un des principaux soucis des
bateliers du 19®
me
siècle.
L'important trafic engendré par l'achèvement du canal d'Ille-et-Rance (axe
Saint-Malo-Rennes), a nécessité d'entreprendres 1840 la canalisation de la
Vilaine ainsi que la construction de trois nouvelles cales à l'intérieur de la cité.
La cale du Pré-Botté se présentait sous la forme d'un grand ensemble
quadrangulaire d'environ 4900 m2 situé en plein coeur de Rennes.
L'emprise de son quai était délimitée au nord par un mur maçonné long de
80,00 m et large de 1,00 m et circonscrite à l'est et à l'ouest par deux murs de
quais latéraux (fig. 11).
Au sud, deux rampes d'accès opposées larges de 10 m et longues de 25,00
m, permettaient d'accéder au terre-plein de la cale située en contrebas.
L'ensemble du quai était pavé et présentait un pendage important destiné à le
protéger des fluctuation du niveau de la rivière. Le dénivelé entre le niveau bas et
le niveau haut du quai était d'environ 2,40 m.
Le canal de navigation était large de 20,00 m et profond d'environ 2,20 m. La
relation de la cale avec la partie canalisée de la Vilaine se faisait par la jonction
des murs de quai sud, de construction contemporaine.
En 1880, pour des raisons géographiques (accès difficile, situation au milieu
de quartiers bâtis) et de salubrité publique (accumulation d'immondices), la cale
fut déclarée caduque. Son comblement s'effectua progressivement pendant de
nombreuses années.
En 1888, lors de la construction de la première aile du Palais du Commerce,
la partie est de la cale n'était encore que partiellement comblée (photo 7).
Divers apports de matériaux, provenant notamment de la Motte à Madame et
de la tour Saint-Georges, furent nécessaires pour la remblayer complètement. La
construction de l'aile gauche, terminée en 1921, nécessita la démolition complète
de la Bourse du Commerce, anciennement occupée par la Halle aux Toiles.
L'ouvrage, aujourd'hui disparu, est en partie enfoui sous l'actuelle Place de la
République et sous l'ancien Palais du Commerce.
Seule la belle maçonnerie en granit ainsi que l'ensemble du pavage de la
cale ont été récupérés avant son remblaiement. Les moellons et les pierres de
taille ont été réutilisés afin de rétablir la continuité de la ligne des quais sud, à la
fin du I9®
me
siècle
1
.
1
3S/535 Fond ponts et chaussées (Suppression de la cale du Pré-Botté le 22 avril 1892)
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
Vue de dessus.
Echelle 1/800
ème
Coupe AA.
50 m
DAO laur.nt VIPARD-AFAN. Adobe lllustrator 6.0.
Fig. 11 : plan et coupe du projet de construction de la cale du Pré-Botté en 1838
(Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine, liasse 8 JA 20).
1.5.3 - Le socle de la statue de Le Bastard
La statue de Le Bastard composé de bronze et de granit, fut inaugurée le 14 juillet
1895 (photo 7) sur la place du Palais du Commerce (actuelle Place de la République).
Le 31 octobre 1930, après décision du conseil municipal de Rennes elle est
déplacée sur la Place Hoche.
Le 30 décembre 1930 le devis de réalisation des travaux est accepté.
La statue fut comme beaucoup d'autre, fondue durant l'occupation allemande
(mention des Archives Municipales) .
Photo 7 : Ce cliché de 1895 représente l'inauguration de la statue Le Bastard sur l'ancienne place du
Palais du Commerce (aujourd'hui Place de la République). On distingue en arrière plan une partie de la cale
du Pré-Botté qui n'était encore que partiellement comblée (Collection Musée de Bretagne, reproduction
interdite sans autorisation).
2 - ÉVOLUTION CHRONOLOGIQUE DU SITE
2.1 - introduction
Quatre phases chronologiques bien dictinctes ont été observées sur le site.
La première concernait les anciennes alluvions de la Vilaine
(F. 11).
La fouille de
ces niveaux complexes a été entreprise sous la forme de six tranchées réalisées à
la mini pelle.
Ce type de formation sédimentaire n'a pas fait l'objet d'une étude
stratigraphique classique présentée habituellement sous forme de diagramme, et
ce compte tenu du caractère très particulier de ce contexte.
La datation C14 effectuée sur des échantillons de bois, a permis de caler
chronologiquement la mise en place de ces dépôts fluviatiles liés à la dynamique
de la rivière.
L'étude paléoenvironnementale de ces niveaux sera débattu dans la
deuxième partie de ce rapport.
Les trois autres phases concernaient les formations historiques. Une
chronologie relative a été entreprise entre les différents ensembles
archéologiques mis au jour et ce malgré les nombreuses pertubations.
Celle-ci a été facilité par l'étude d'archives entreprise en amont de
l'opération. Ces recherches succinctes ont permis de dater précisément certaines
structures (F.5 et 6).
2.2 - Phase I : le cadre naturel (par Anne Gebhardt)
2.2.1 - Données générales
Le suivi des sondages archéologiques effectués dans les alluvions
résiduelles de la Vilaine au niveau du Pont-Neuf a permis d'affiner les
observations de carottages (fig.8). Sous les remblais anthropiques récents, on a
pu distinguer deux grands ensembles sédimentaires (voir coupes).
De bas en haut on observe :
- Les formations naturelles antérieures au Pont Neuf
- Les formations historiques
2.2.2 - Les formations naturelles antérieures au Pont Neuf
L'ensemble des profils se développe sur une surface irrégulière de schistes
gréseux verdâtres plus ou moins altérés, daté de l'Ere Primaire. Les coupes ont
montré une succession de niveaux lenticulaires, parfois fortement imbriqués, sans
artefact anthropique dont la granulométrie varie de la taille des galets a celle de
limons argileux. Elles sont plus ou moins riches en débris végétaux, parfois bien
identifiables.
A la base, et dans les dépressions du socle gréseux, on observe une
première masse de graviers très grossiers (5 à 10cm), localement fortement
colorés en rouge, riches en blocs assez gros (US.1055.11) Une phase argileuse
homogène, grise (US.1054.11) est très localement observée, sous ce niveau
(coupe 1).
Puis vient une succession de sables et graviers gris, plus fins, qui présentent
également une lithologie lenticulaire. Ils sont plus ou moins riches en
accumulations de végétaux, prenant localement un aspect tourbeux.
Les abondants niveaux de bois flottés sont le plus souvent accumulés dans
une dépression marquée par le niveau inférieur, ou derrière un obstacle plus gros
(galet, tronc). On observe également parfois un granoclassement dans ces dépôts.
Les bois flottés présentent parfois un aspect de fossilisation avancée sous forme
de pyritisation de certains éléments.
Les argiles grises sommitales sont plus homogènes, parfois soulignées par
de fins dépôts organiques. On y observe d'abondantes concentrations bleues de
vivianite [Fe
3
(PO^Sb^O], qui sont des cristallisations typiques de milieux réduit
riche en fer et phosphates.
La succession observée est nettement lenticulaire, et montre de nombreux
recoupements. La continuité latéral et stratigraphique des niveaux reste toutefois
difficile à établir dans le détail étant donné le passage souvent progressif d'un
ensemble granulométrique à l'autre.
2.2.3 - Les formations historiques
Les pieux de fondation du Pont Neuf sont enfoncés dans les argiles grises et
dans le schiste (fig.12 et 13). Au contact des pilots, les couches sont entraînées
en profondeur (photo 8). Ceci permet d'affirmer que ces niveaux non anthropisés
sont antérieurs à 1612. Ils ne sont donc en aucun cas liés à une auelquonque
érosion sous la pile de pont (F.6).
Enfin, une couche d'argiles grises et noires finement litées recouvre
l'ensemble du site
(US. 1045).
On y a observé quelques artéfacts tels que du cuir,
des poteries (photo 9).
Sa dynamique de dépôt est plutôt faible à priori. Elle semble liée au
fonctionnement même de la cale du pré Botté.
2.2.4 - interprétation
On peut associer la forme lenticulaire des dépôts de la Vilaine à un système
d'écoulement en lits à chenaux multiples. Il faut donc imaginer une série de bras,
contemporains ou non, qui s'étalent dans toute ou partie du lits majeur entre
République et Charles de Gaulle (fig.9).
En l'absence de matériel archéologique, il est donc impossible de dater de
manière absolue ou même simplement de caler les phases de fonctionnement
des divers bras de la rivière. On comprendra également la difficulté
d'appréhension du degré de continuité chronostratigraphique de ces lentilles.
Entre les phases de chenalisation, il faut prendre en compte d'éventuels
hiatus stratigraphiques, liés à des phases d'érosion occasionnées par des
reprises de la dynamique d'écoulement. De tels hiatus sont caractérisés par la
présence de racines tronquées mais pourtant bien en place.
Par ailleurs, leurs présences dans les niveaux graveleux mettent en évidence
des phases locales d'atterrissement de certains chenaux. L'absence de sol
confirme donc l'existence de hiatus sédimentaires.
Les abondantes accumulations de bois flottés sont sans doute à associer à une
importante couverture végétale en voie de destruction au moment de la reprise
sédimentaire. Leur granoclassement marque une baisse de la dynamique
d'écoulement. MrJigorel. A, (communication personnelle) fait état de forêts
entières fossilisées dans les alluvions de la Flume et du Meu.
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
22,83 mètres
NGF 22 mètres
NGF 22 mètres
NGF 21 mètres .
»
NGF 20 mètres ___ .
ème
005 : mur du quai de la cale (XIX siècle).
006 : niveau d'implantation de la cale.
010 : limon argileux avec plaquettes de schiste - couleur brun foncé.
011 : argile - couleur verdâtre avec nuances orangées
012 : fines plaquettes de schiste dans une matrice argileuse - couleur pourpre.
013 : nombreuses petites plaquettes de schiste dans une matrice limoneuse-sableuse - couleur gris nuancé.
014 : mortier, pierres, plaquettes de schiste, dans une matrice sableuse - couleur beige.
015 : sédiment sableux-gravillonneux - couleur grisâtre.
016 : limon sableux - couleur brun foncé.
017 : remblai.
026 : niveau correspondant au creusement de la cale.
029 : semelle de fondation sur laquel la maçonnerie (US: 1005) s'appuit.
032 : sable et gravier - couleur grisâtre.
045 : argile è litage subhorizontaux organiques très fins, avec matériel anthropique - couleur brun-noir.
046 : argile fine homogène légèrement oxydée au contact de 1047 - couleur noir olive.
047 : sables grossiers (1-2mm) oxydés en surface avec quelques petits graviers (1-2cm) - similitude avec 1036 a. Couleur noir olive.
048 : argile légèrement organique avec quelques charbons, souligné par un niveau de bois flotté, entrecoupé de lentilles plus sableuses (1041 I). Similitude avec 1041 h. Couleur gris.
049 : argile organique légèrement sableuse avec des fragments de bois flottés, et des lentilles de sable grossier hétérogène - couleur noir.
050 : sable grossier souligné par une toube ligneuse - couleur gris-brun.
051 : g rave! o-sableux hétérométrique avec quelques galets d
1
argile roulée, et quelques gros galets de quartzite - couleur jaune-gris.
052 : lentille sableuse grise, homogène et hétérométrique, soulignée par un fin dépdt organique - couleur gris-brun.
053 : argile très sableuse - couleur gris-brun.
054 : sable organique fin, avec nombreux débris végétaux (tourbe ligneuse) - couleur gris clair.
055 : gravier basai grossier (10 à 30cm) dans matrice sableuse.
056 : argile grise è litages organiques (débris végétaux) accumulés en lits entre les pieux, et entraînés en profondeur lors de leur enfoncement. Présence de vivianite. Couleur gris-brun à noir.
057 : argile avec peu de débris organiques - couleur noir-brun.
058 : sable graveleux avec passées argileuses, (galets et accumulations d'argiles), schistes verts, bois flottés et poterie.
059 : sables et galets/graviers, hétérométriques, avec brique - couleur gris-brun clair.
060 : sables avec paquet d'argile et quelques bois flottés, ainsi que quelques schistes - couleur noir-brun.
061 : sable graveleux avec quelques bois flottés - couleur gris-brun.
062 : argile sombre avec quelques passés sableuses - couleur noir.
063 : graviers et sables grossiers, oxydés - couleur brun.
064 : sables et graviers hétérométriques avec quelques fragments de bois et de brique.
065 : argile sableuse très anthropisée - couleur noir.
066 : sable graveleux homogène et homométrique, non organique - couleur gris-brun.
081 : remblai composé de schiste.
083 : limon argileux (remblai) - couleur noir.
084 : remblai.
085 : sable fin (1mm) avec paquets argileux, discontinus sur les bords - couleur gris-brun.
086 : lentille de sable organique avec nombreux fragments de bois flottés - couleur brun-noir.
087 : sable graveleux hétérométrique, hétérogène, non organique (pas de litage) - couleur jaune-gris.
088 : lentille d'argile (non lité) organique avec de nombreux bois flottés - couleur noir-olive.
089 : graviers (0,5cm) et galets (2-3cm) alternant en lits de un è deux centimètres d'épaisseur - couleur gris-olive.
091 : grave basai grossière plus ou moins oxydée.
Réf. 520 : x - 33013,794 ; y = 52211,315
Réf. 525 : x = 33013,229 ; y = 52199,577
Planimétrie: système de projection VDR.
NGF 21 mètres
. NGF 21 mètres
NGF 20 mètres
1:40
ème
Fig. 12 : relevé stratigraphique de la coupe N° 1.
Photo 8 : les pieux de fondation
de la culée nord du
Pont-Neuf sont
enfoncés dans les
argiles grises. Au
contact des pilots, les
couches sont
entraînées en
profondeurs.
Photo 9 : vue d'ensemble de la coupe stratigraphique n°5. On distingue parfaitement le niveau
d'argiles grises et noires finement litées (US.1045, Str 1) liée au fonctionnement de la cale
du Pré-Botté.
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
VT7T77
NGF 21 mètres
NGF 21 mètres
NGF 20 mètres
NGF 20 mètres
NGF 21 mètres
1036 a
:
argile pur, quelques sables grossiers (1mm), vivianite, devient massive à I' Ouest ; limite diffuse avec 1036 b - couleur gris-brun.
1036 c : idem que 1036 a.
1036 b
:
argile sableuse avec quelques poches plus sableuses - couleur gris-brun.
1036 d : idem que 1036 b ; limite diffuse avec 1041 p.
1037 : matrice sableuse avec graviers - couleur gris-noire.
1038
:
sable homogène, assez grossier, avec lentilles organiques - couleur gris-vert.
1040 : argile sableuse avec nombreux fragments organiques peu décomposés - petites passées sableuses lenticulaires et quelques gros galets peu roulés. Limite nette de texture avec 1042. Couleur gris-brun/rouille.
1041 a : graviers grossiers (2-3mm) à dominante de quartzite dans matrice sableuse grossière - couleur gris-brun.
1041 b : sables et argiles mélangés avec fragments organiques épars, plus quelques fragments de bois placés de façon aléatoire. Couleur gris-brun.
1041 n: idem que 1041 b.
1041 c : sable plus ou moins grossier avec passées argileuses, plus nombreux fragments de végétaux, et quelques lentilles de sables grossiers (0,5mm) et plus fins. Couleur gris-brun.
1041 d : argile assez pure, avec accumulation organique à la base - couleur gris-brun.
1041 f : sable fin avec quelques petits graviers ; limite nette de texture avec 1041 i et 1042. Couleur gris-brun.
1041 m: idem que 1041 f.
1041 g
:
sable fin souligné par un dépôt organique assez homogène aux éléments horizontaux. Présence de gros paquets argileux vers la base au plus profond. Couleur gris-brun.
1041 h : limon sableux à fragments organiques pseudo-horizontaux dont quelques gros éléments ; limite diffuse de couleur avec 1036 b. Couleur gris-noire
1041 p : idem que 1041 h.
1041 i : lentille très organique dense, compacte, avec quelques gros fragments de bois - couleur gris-noire.
1041 j : argile organique avec fragments de bois.
1042
:
sables et graviers homogènes roulés <1-5cm), plus quartzite dominante dans matrice sableuse. On trouve quelques paquets d'argile avec fragments organiques à la base ; limite supérieure nette de textuie. Couleur gris-brun
1044 : graviers fins assez hétérométriques, avec quelques passées argileuses - couleur gris-brun à brun-jaune.
Réf. 508 : X C 33023,274
;
y = 52210,592
Réf. 511 : X S 33022,933
;
y = 52205,732
Ptanimétrie: système de projection VDR.
krr^r. _ ,
S2T1
Cp02bis
NGF 20 mètres
2m
1:40 ème
Fig.13 : relevé stratigraphique de la coupe N° 2.
DAO laurwit VIPARD-AFAN. Adob* llluatrator «.0.
2.3 - Phase II : XVIlème
S
ièc!e
2.3.1 - Données générales
Le premier témoignage archéologique mis au jour dans la zone 2 est
matérialisé par deux structures bien distinctes (Faits 5 et 6), constituées
d'éléments en bois fichés dans le sol (F.11). Elles sont scellées par l'US.1045.12.
L'emprise de ces deux ensembles quadrangulaires se dessine parfaitement
au sol malgré les perturbations postérieures qu'elles ont pu subir (F.4 et Str.1).
La relation stratigraphique entre ces structures n'a put pour des raisons
techniques être correctement étudiée. Cette surface d'environ 45 m
2
, a subit un va
et vient répété de l'engin de terrassement, créant une dépression artificielle qui a
détruit les contextes archéologiques sous jacents (fig.5). Ce hiatus est
parfaitement visible sur la coupe stratigraphique2 (fig.13).
2.3.2 - Description de la fondation (F.5)
Le premier ensemble (F.5) est composé de trois cent cinquante huit pieux ou
piquets répartis sur une surface d'environ 50 m
2
. Sa longueur totale, en partie
occultée par des butons métalliques situés de part et d'autre est de 14,00 m et la
largeur moyenne est de 3,50 m (fig.14, photo 10).
L'arasement supérieur de cette structure est apparut à la côte moyenne de
20,58 m NGF (-7,70 m de la surface).
Les pilots sont ancrés dans des niveaux d'alluvions argileux gris-brun très
compacts (US. 1036, 1041). La superficie de cette couche était importante
puisqu'elle s'étendait sur la totalité de la fouille située sous dalle, soit 312 m2.
La répartition des pieux ne semble pas ordonnée. Seuls ceux servant à
délimiter l'emprise de la structure sont organisés de manière à former un
ensemble à plan quadrangulaire. Les perturbations antérieures (F.4 et
F.
10) ont
fait disparaître de nombreux pilots.
2.3.3 - Description de la fondation (F.6).
Situé à sept mètres du Fait 5, ce second ensemble de deux cent trente et un
pieux est apparut directement sous l'US.1045.12 (fig.12, photo 11).
L'étendue de cette structure n'est que partielle car elle est recoupée par le
creusement de la tranchée de fondation du mur de quai (F.2).
Son extension à l'ouest est masquée par une banquette de terre témoin. La
surface préservée est d'environ 21 m
2
, soit 12,00 m de long sur 1,80 m de large.
Les limites nord et nord/est sont elles très bien délimitées par l'alignement
des pieux (fig.14, photo 12).
L'arasement supérieur des pieux apparaît à l'altitude moyenne de 20,33 m
NGF (7,90 m de la surface).
Ceux-ci sont scellés dans des niveaux hétérogènes de sables graveleux
(US. 1037,
1066 et 1041).
Le premier niveau de sables et graviers
(US.
1037) perforé par les pieux et
localisé à l'intérieur de la structure, a livré un lot de sept monnaies antiques (Cf.
annexe 1).
Photo 10 : vue d'ensemble des
pieux de la culée
nord du Pont-Neuf
(F.5).
Photo 11 : vue plongeante de l'ensemble des pieux de fondation de la pile du Pont-Neuf (F.6).
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
Planimétrie: système de projection VDR.
Ï
Cù
o
CULEE NORD (F.5)
I
g
o
Y=52210
06
# #
45)
% 444* 608
435 438
«U434 J36
33® ^ 437«* 21 4
137136
3
142 .
ï
1
t
.«(H) ^
419®
41. .
M:
n i
D
«.os mi 'i« •im*, 4.2 1" -
!!1
«* * « „,
••"'„. i" ... L»*
i"
»' F. ,„J«! . " ,9.» » >10 .•<•„, « 222
» ' ,„ „, <•> ï" «.,32'ï "i ... i" ï" .
<•*.;••« .... ...
1
•*,„.* ;';„•'", y * '
75
«•" !"
. *
'ï°' %
!
«205
201
.472
* .471
Pilier de fondation
de la statue
Le Bastard.
Chêne
Zone d'évolution de la pelle.
y=52200
r i"
280
2
S
5
284
28!
j»
S
I
8
i
327 328
347 «4 362
- 356 373/'
1 346
359
*361 ,
' 342 348® M7 i 372*
>(D 339
* * 363* *
343 « 358» J?
0
338
351
?
3
M
J
6
337 352
J1 7.
#
,3.
•j» i"
86 394
391*.3"
387 * 40;
Vo3
! i
PILE (F.6)
j» 4.
339
...»
jS
«Soi
41
3l!î |
Dépôt de
terre.
5 m
Fig.14 : phase II (XVII
ème
siècle).
DAO laurent VIPARD-AFAN. Adobe lllustrator 6.0,
Photo 12 : ce cliché nous montre
très clairement
l'alignement des
pieux servant à
délimiter l'emprise
nord de la fondation
de la pile (F.6). On
distingue, en haut à
droite, l'imposante
semelle en dalle de
schiste pourpre du
mur de quai (F.2).
,
Photo 13 : vue plongeante des deux ensembles de pieux liés aux fondations du Pont-Neuf (F.5 et 6).
2.3.4 - Les bois utilisés dans les fondations.
Trois essences de bois ont été déterminées sur l'ensemble des deux
fondations du pont (F.5 et F.6). La taxonomie effectuée sur les six cent dix neuf
pieux/piquets a démontré une utilisation massive du chêne (501 bois) et du
peuplier (110 bois). Seuls, huit pilots en hêtre ont été repérés. Un nombre moyen
de 6 pieux au m
2
à été constaté (fig.15).
La répartition des différentes espèces dans les fondations semble aléatoire et
ce malgré le regroupement de cinq pieux de hêtre sur la culée nord.
La majorité des bois utilisés a des fûts de section circulaire et leurs diamètres
varis de 6 cm à 20 cm. Seul douze pieux de chêne ont été débités en 1/2 et 1/4 de
brin.
Ils ont tous, sans exception, été sectionnés volontairement lors du creusement
initial de la cale (US. 1026.10).
La longueur totale des pieux (pointe + corps) varies de 0,20 m pour le n°465
à 1,30 m pour le n°169.
Cinq types de pointes différentes ont été répertoriés sur l'échantillon de 387
pilots étudiés.
Elles mesurent de 0,20 m à 0,50 m en moyenne. L'épointement le plus
couramment pratiqué est le type à plus de quatre sifflets non réguliers (179
exemplaires), suivit de près par le débitage à trois et quatre sifflets plus ou moins
réguliers (93 et 110).
Les coupes stratigraphiques1 et2 réalisées transversalement à l'axe de
l'ancien bras de rivière, nous renseignent sur la profondeur et sur le type de
sédiments dans lesquels sont ancrés les pieux de fondation (fig.12 et 13).
Ceux de la pile (F.6) recoupe l'ensemble des niveaux d'alluvions
(US.
1037,
1038, 1041, 1042, 1044 eu 1061) et s'assoit solidement dans le substratum
(schiste gréseux) (fig.13, photo 14 et 15).
Les pilots de la culée nord (F.5) sont eux moins profondément enfoncés dans
le terrain naturel puisqu'aucune des extrémités des pointes n'atteint celui-ci
(fig.12 et 13, photo 16). Elle recoupe seulement les
US. 1036,
1041 et 1042.
Pour plus de détails sur ces bois, une étude xylologique a été réalisée sur un
important échantillon pendant et après la fouille par M
elle
Sofie Vertongen. Le
résultat de ce travail est inséré dans le rapport paléoenvironnemental (partie2
du DFS).
2.3.5 - Interprétation et datation
Les deux structures (F.5 et F.6) correspondent au reste des pilotis sur
lesquelles étaient bâties les fondations de la pile et de la culée nord du Pont-Neuf
construite en juin 1612 (photo. 13).
Le terrassement de la cale du Pré-Botté
(Str. 1
) a occulté l'emprise et la taille
réelle de ces deux ensembles composés de pilots ancrés dans le sol. Certains
bois ont également disparus durant des travaux postérieurs (F.4).
Tous les pieux mis au jour ont été recépés volontairement lors du creusement
(US.
1026) de la cale (photo 17).
De ce fait, nous ne connaissons pas les dimensions exactes de tous ces
pilots lors de leur mise en place au XVII®
me
siècle.
Seule un procès-verbal daté de 1612 dressé lors de la visite du chantier nous
donne quelques indications.
Photo 14 : vue de détail montrant
la pointe d'un pieu en
peuplier de la pile
(F.6) solidement
ancré dans le schiste
gréseux.
Photo 15 : vue en coupe de la pile (F.6) prise de l'est. On distingue parfaitement la nature et l'antériorité
des sédiments traversés par les pilots.
Dépôt de
terre.
QUAI XIX
eme
Chêne
Peuplier
Hêtre
Pieux non-étudiés
PAO lauranl VtPARD-AFAN Adobe lllustralor 6 0
CULÉE MORD (F.5)
Fig.15 : répartition des pieux de la culée nord (F.5) et de la pile (F.6) par essences de bois.
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
Planimétrie: système de projection VDR.
Zone d'évolution de la pelle.
Y=52210
o o ° r\o o
D» o.
Pilier de fondation
de la statue
Le Bastard.
Cette requête indique que les pilots de 2 pieds (0,65 m) mis en place sous le
pilier vers la basse-ville (berge nord) étaient de longueurs insuffisantes pour
asseoir la fondation sur le dur et que des pieux d'une longueur de 8 pieds (2,60
m) étaient donc nécessaires. Aucun autre document n'indique si cette réparation a
effectivement eut lieu
1
.
Les bois découverts dans les fondations sont en majorité du chêne (501
pieux). Cette essence est fréquemment représentée dans ce type d'ouvrage pour
ces excellentes propriétés de solidité et de fiabilité à travers le temps.
Le peuplier (Populus sp.) représenté par 110 individus est malgré ses
qualités (fût droit et de bonne conservation en milieu anaérobie), peu utilisé en
architecture civile.
Huit pieux en hêtre (Fagus sylvatica L.) ont également été découvert. Leurs
rôles dans la fondation ne doit être que secondaires puisque cette espèce n'a
d'intérêt que dans l'architecture d'intérieur.
Il semble que la répartition des pieux par essence à l'intérieur du pilotis soit
empirique et ne réponde à aucune exigence particulière si ce n'est la volonté de
créer une cohésion dans l'ensemble afin d'y asseoir le tablier de l'ouvrage. Seuls
les pilots délimitant les emprises sont alignés et équidistants (fig.14). Ceci est
parfaitement visible sur la semelle de fondation (F.6).
La solidité des fondations semble varier d'une structure à l'autre. Nous avons
remarqué que la majorité des pieux de la pile (F.6) est très solidement ancré dans
le schiste altéré (photo 14 et 15). Leurs pointes émoussées voir brisées pour
certaines, confirme cette volonté de résistance.
Ceux utilisés dans la construction de la culée nord (F.5) n'ont pas été aussi
profondément enfoncé puisque les pilots mis en place n'avaient pas été battus sur
le dur. L'extrémité des pointes était simplement ancrée dans une épaisse couche
d'argile grise voir dans les alluvions graveleuses sous-jacentes
(US. 1036,
1041 et
1042) (fig.13, photo 16).
Fig.16 : Écorché d'une pile de pont (d'après un dessin de Jean Mesqui, 1982).
1
Source : Archives Municipales de Rennes, liasse n°216.
Photo 16 : vue partielle de la coupe stratigraphique n°2. Ce cliché nous montre que les pieux mis en
place lors de la fondation de la culée nord n'avaient pas été battus sur le dur (F.5).
Photo 17 : vue de détail de la
fondation de la pile
du Pont-Neuf (F.6)
montrant la façon
dont les pilots ont été
recépés lors du
terrassement de la
cale du Pré-Botté
(US.1026, Str 1)).
Ces observations faites durant la fouille confirme cette volonté d'asseoir plus
solidement les parties de l'ouvrage soumise aux contraintes de la Vilaine (courant,
crue...).
Le pouvoir pénétrant des pieux ainsi que leurs résistances à encaisser les
contraintes du sol étaient parfois augmentés par le durcissement des pointes par
le feux ou par l'utilisation de sabots métalliques. Cette dernière technique était
aussi destinée à éviter l'éclatement de la pointe durant le battage dans des sols
résistants. Ces particularités n'ont pas été observées sur ce site du faite de la
nature des sédiments traversés (sol mou).
Le pilotis était destiné à supporter une semelle de bois suffisamment stable
pour y asseoir la maçonnerie de pierres de taille. Celle-ci était composée d'une
grille de madriers disposée horizontalement sur une surface équivalente à
l'emprise des pieux (fig.16).
Afin de s'affranchir de la contrainte du milieu aqueux lors de la mise en place
des fondations dans le lit de la Vilaine, différents moyens ont put-être employés.
La période estivale correspondant aux plus basses eaux semble avoir été
mise à profit pour entreprendre ce type de travail puisque le chantier de
construction du Pont-Neuf a débuté un mois de juin.
Une technique plus contraignante dans sa mise en oeuvre était la fondation à
l'intérieur d'un batardeau. L'utilisation d'un tel dispositif dans notre cas est
envisageable lors de la réalisation de la fondation des piles du pont mais cela
reste à l'état d'hypothèse.
Pour les deux culées du pont, assises respectivement sur la berge nord et
sud, l'usage de ce genre de technique n'était pas nécessaire.
2.4 - Phase III : milieu XIX
ème
siècle
2.4.1 - Données générales
Trois structures différentes et datées de cette période historique ont été mises
au jour à l'intérieur de l'enceinte du site. Il s'agit de la semelle du quai sud de la
Vilaine canalisée (F.7), du socle de fondation de statue Le Bastard (F.4) et d'une
partie de la cale du Pré-Botté (Str.1). Seule cette dernière comporte un intérêt et
sera donc étudiée dans ce DFS.
Les deux autres vestiges ne feront état que d'un descriptif succinct. Cette cale
occupe la totalité de l'enceinte de la fouille (zone 1 et 2). Le terrassement initial de
cette importante structure (US. 1026.10), recoupe l'ensemble des vestiges
antérieurs (F.5 et F.6). Cet ouvrage se divise en deux partie bien distinctes, le quai
et le canal de navigation (fig.11).
2.4.2 - Description de la structure 1
Une tranchée de fondation
(US.
1006.02) de 2,50 m de large est creusée afin
d'y asseoir un mur maçonné (US.1005.02). Celui-ci orienté est/ouest traverse le
site de part en part (photo 18).
Large de 2,00 m, la semelle de fondation
(US.
1029.02) est constituée de
grandes dalles de schiste pourpre taillé de 0,40 m d'épaisseur posées à plat dans
le fond de la tranchée de fondation
(US.
1006.02). Toutes ces pierres étaient
maintenues entre elles par un mortier de chaux hydraulique.
L'élévation du mur (US.1005.02) est conservée sur une hauteur de 2,20 m.
Celui-ci épais d'environ 1,30 m, présente sur son parement externe une multitude
de traces d'arrachage. Le matériau employé dans la construction de cette
maçonnerie est essentiellement constitué de blocs de schiste pourpre disposés à
plat et liés au mortier de chaux.
Deux caniveaux (F.3 et F.8) orientés sud/nord et contemporains au mur
(US.
1005.02) sont construits pendant l'élévation de celui-ci. Repérées à chacune
de ses extrémités, ces deux structures sont distantes de 20,00 m. Pour des raisons
d'accessibilité, seul le caniveau (F.3) situé à l'est du mur (F.2) a été étudié
pendant cette opération (fig.17, photo 19).
Sa tranchée de fondation étroite recoupait le remblai
(US.
1022.09). Les
dalles posées à plat dans le fond du caniveau
(US.
1035.03) ainsi que les
parements latéraux
(US.
1024.03) étaient en schiste pourpre liées au mortier de
chaux maigre. La couverture du caniveau
(US.
1030.03) était constituée de larges
dalles de schiste bruts. Toutes ces pierres liées entre elles à l'argile étaient
posées à plat sur les piédroits.
Les parties du caniveau (parois latérales, dalles de couverture et de fond)
intégrées dans le mur (F.2) ainsi que l'exutoire, sont en granit.
D'importants remblais (F.9) constitués de divers matériaux anthropiques, ont
successivement été déposé derrière le mur (F.2). Ces recharges s'appuies
directement contre le parement interne de celui-ci (F.2).
Une couche d'argile verdâtre compacte (US.1011.09=1018.09) scelle
l'ensemble de cette plate-forme artificielle jusqu'à l'arasement supérieur du fait 2
(fig.12, photo 22).
+
+
+
Photo 18: vue générale du mur maçonné délimitant l'emprise du quai de la cale (F.2, Str 1). Celui-ci
orienté est/ouest traverse le site de part en part.
Photo 19 : vue d'ensemble du caniveau (F.3, Str 1) contemporain à la cale du Pré-Botté.
Ce niveau est recoupé par la tranchée de fondation d'un troisième caniveau.
Celui-ci orienté sud/nord avait été en partie détruit à l'aplomb du mur (F.2) et n'a
donc pas permis de comprendre leurs relations stratigraphiques (fig.17).
Les parois latérales de cette rigole étaient en granit. Nous n'avons pas
découvert de dalle au fond de la conduite. La couverture en partie conservée était
constituée de dalles de schiste pourpre.
Le canal de navigation, situé au nord du mur (F.2), occupe l'ensemble de la
zone 2. La base de cette structure se situe au niveau supérieur de l'arasement des
Faits 5 et 6.
Une dépression
(F. 13)
postérieure au creusement
(US.
1026) était située en
bordure du mur de quai (F.2). Son comblement très hétérogène s'appuyait sur la
semelle de fondation
(US. 1029)
(fig.13).
Une couche d'argiles grises et noires finement litées
(US.
1045) recouvrait en
totalité le fond de celle-ci.
Un niveau vaseux brun foncé
(US.
1025), d'environ 1,00 m d'épaisseur,
recouvrait en totalité cette couche
(US. 1045)
qui s'appuyait contre la paroi externe
du mur (F.2). Un abondant mobilier de la fin du XIX® siècle a été découvert dans
ce niveau.
Un important remblai hétérogène (US.1000) constitué d'apport successif de
matériaux modernes (démolitions, ardoises, tuiles...) recouvrait l'ensemble de la
cale jusqu'à la surface de la station de métro.
2.4.3 - Interprétation et datation
Connue par les archives, la mise au jour de cette cale était prévisible. Celle-ci
est intervenues le début de l'opération. Son emprise occupait la totalité de la
station République (quai et canal de navigation compris).
La situation particulière de cette structure (lit majeur de la Vilaine et à
remplacement du Pont-Neuf), a engendré un très important travail de démolition
et de terrassement (fig.11). Ces opérations entreprisent à partir du milieu du XIX®
(1840) ont principalement concerné l'évacuation de tous les sédiments
anthropisés (dépôts fluviatiles en particulier) accumulés depuis de très
nombreuses années ainsi que le démantèlement complet du Pont-Neuf.
Le creusement initial de la cale est régulier(US.1026). Il se situe à un niveau
moyen de 20,50 m NGF (-7,70 m de la surface). Ces terrassements ont arasés
l'ensemble des pieux (Faits 5 et 6).
Le quai, (F.9) d'une surface de 168 m
2
, était délimité au nord par un mur
maçonné de 1,00 m de large (US.1005.02). L'élévation de celui-ci (1005-02) est
de 2,20 m dans sa partie la mieux conservée.
La partie supérieur du mur (1005-02) est apparu à la côte de 22,80 m N.G.F
environ. Celui-ci traverse d'est en ouest la totalité du site, soit 24,00 m de
longueur.
Le parement extérieur ainsi que le tablier constitué de pierres de taille en
granit ont été récupérés. Seule la structure interne (maçonnerie de remplissage) a
été laissée en place. Des traces d'arrachage correspondant à cette destruction
sont visibles sur l'ensemble du mur de la cale (photo 20).
L'élévation s'appuyait sur une semelle débordante (US. 1029.02) large
d'environ 2,00 m et constituée par de larges dalles débitées d'une épaisseur de
0,40 m. La base de celles-ci était installée dans une tranchée de fondation étroite
(US.
1006.02) creusée dans les alluvions anciennes
(US. 1061,
coupe 1).
Photo 20 : vue partielle du mur de la cale du Pré-Botté (F.2, Str 1). Les traces d'arrachages
correspondants à la récupération du parement externe est parfaitement visible sur ce cliché.
Photo 21 : vue de détail de l'exutoire du caniveau (F.3, Str 1). Celui-ci intégré dans le mur du quai de la
cale se déversait directement dans le canal de navigation.
Photo 22 : vue d'ensemble des remblais anthropiques (F.9, Str
1 )
mis en place afin de créer le terre
plein du quai de la cale du Pré-Botté.
Photo 23 : ce cliché montre la démolition du mur du quai de la cale du Pré-Botté (F.2, Str 1). On
distingue derrière celui-ci l'important remblai qui prenait directement appuit sur le parement
interne
Le mortier de chaux hydraulique et le schiste pourpre sont les matériaux
utilisés dans l'ensemble de la structure maçonnée (F.2).
Deux caniveaux aménagés, orientés nord/sud (F.3 et F.8) et contemporains à
la construction du quai, ont été mis au jour de part et d'autre de la cale (fig.17).
Leur fonctionnement a dut s'interrompre lors de la destruction de la cale à partir de
l'année 1880
1
. Ces deux collecteurs d'eaux usées se déversaient dans le canal
de navigation par des exutoires intégrés dans la maçonnerie (photo 21).
Un épais remblais constitué de divers matériaux graveleux (F.9), fut ensuite
progressivement mis en place afin de créer le soubassement du quai (fig.12).
Celui-ci s'appuie sans exception contre la face interne du mur de quai (F.2). Ce
remblai provient probablement des déblais liés au terrassement de la cale elle-
même (f'ig.12, photo 22 et 23).
Une couche d'argile homogène et compacte (US.1011.09=1018.09) fut
ensuite déposée sur l'ensemble de la plate-forme afin de stabiliser et
d'étanchéifier le niveau supérieur de tous ces matériaux. Cette couche très
épaisse à l'aplomb du mur de quai (F.2) s'affine progressivement vers la limite sud
de l'emprise du site.
Elle présentait un important pendage sud/nord correspondant à la pente
nécessaire dans ce type d'ouvrage soumis aux fluctuations des eaux de la rivière.
Le niveau de circulation de la cale n'était plus en place. Celui-ci était à
l'origine entièrement pavé. Seul un lambeau de schiste damé (US. 1002.09),
matérialise le niveau d'installation du pavage.
Le canal de navigation est lui conservé sur 500 m2. Le fond de celui-ci est
matérialisé par un feuilletage d'argile brun-noir
(US.
1045) correspondant au
niveau d'utilisation de la cale (photo 9). Ce niveau lité recouvrait l'arasement
supérieur des pieux (F.5 et 6).
Une couche homogène brun foncé postérieur à cette US, scelle l'ensemble
du canal sur environ 1,00 m d'épaisseur. Cet envasement rapide semble
correspondre à l'abandon de l'ouvrage à partir de 1880
(US.
1025) lors du
rétablissement du quai sud (photo 24).
De nombreuses pierres de taille en granit (parements) ont été découvertes
dans ce niveau à l'aplomb du mur (F.2).
Le comblement définitif de la cale s'est effectué progressivement pendant de
nombreuses années (1880/1895). Ce remblais (ÙS.1000) d'environ 5,50 m
d'épaisseur était constitué d'une multitude de matériaux modernes compactés
(3800 m
3
environ pour l'emprise du site). La partie supérieure de cette couche
apparaissait directement sous l'asphalte de la Place de la République.
1
3S/535 Fond ponts et chaussées (Suppression de la cale du Pré-Botté le 22 avril 1892)
2.5 - Phase IV : fin XIX©me siècle
2.5.1 - Les autres structures
2.5.1.1 - Le quai sud
Une partie de la semelle de fondation du quai sud (F.7) à été mise au jour à
l'extrémité nord de la tranchée 3. Ce massif
(US.
1068.07) est constitué de blocs
de schiste pourpre plus ou moins réguliers liés au mortier de chaux hydraulique.
D'une épaisseur de 1,00 m environ, il repose sur le substrat local sans l'entamer.
La tranchée de fondation étroite
(US.
1067.07) recoupe l'ensemble des
niveaux alluvionnaires sous-jacents
(F. 11)
ainsi que le niveau de fonctionnement
(US.
1045) de la cale du Pré-Botté. Le comblement de celle-ci est composé
d'argile gris-jaune très compacté
(US.
1066.07).
La structure est recoupée par la paroi moulée nord de la future station de
métro (fig.18).
Cette maçonnerie (F.7) semble appartenir à la base de la semelle en gradin
utilisée comme fondation lors de la construction de la ligne de quai sud à partir de
1880.
2.5.1.2-Le socle de la statue "Le Bastard"
L'arasement supérieur de cette structure quadrangulaire est apparu
directement sous la dalle de couverture de la station de métro. Constitué de blocs
de schiste et de grès, l'élévation (US. 1004.04) repose sur une semelle
débordante (2,50 m X 2,50 m) ancré sur le substratum (US.1028.04) (fig.18). La
hauteur conservé de ce massif est d'environ 5,00 m (photo 25).
La tranchée étroite de cette fondation (US.1034.04) à recoupé l'ensemble
des alluvions (F.11) ainsi qu'une partie de la fondation sur pieux (F.5). Les
niveaux d'utilisation et d'abandon de la cale (US.1045 et 1025) ont eux aussi été
traversés lors du terrassement.
La mise en place de cette structure est intervenue juste avant le comblement
de celle-ci
(Str. 1 )
puisque le remblai
(US.
1000) s'appuie sur cette fondation (F.4).
La construction s'est déroulée entre les années 1880 et 1895, date de
l'inauguration du monument (photo 7).
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
+
PILIER DE FONDATION
DE LA STATUE
A LE BATARD (F.4)
+
+
+
y«52200—|
2190—|—
Planimétrie: système de projection VDR.
Fig.18 : phase IV (fin du XIX
ème
siècle).
DAO laursnt VIPARD-AFAN. Adob« lllustrotor 6.0.
Photo 24 : vue plongeante montrant le terrassement mécanique de l'envasement de la cale consécutif
à son abandon à partir de 1880. Cette couche homogène brun foncé
(US. 1025,
Str 1) scelle
l'ensemble du canal de navigation sur environ 1,00 m d'épaisseur.
Photo 25 : vue d'ensemble du pilier
de fondation de la statue
Le Bastard construit à la
fin du XIXème siècle
(F.4).
3 - LE MOBILIER :
3.1 - Présentation
Tout le mobilier étudié dans le cadre de ce DFS a la particularité d'avoir été
découvert dans des contextes de remblais et d'alluvions.
La céramique, inventoriée par numéro d'US, fut mise en sac après comptage.
Une partie des petits objets (métallique ou autre), est photographiée et est
présentée dans ce rapport.
L'ensemble des monnaies découvertes a été identifié quand leur état de
conservation le permettait (Cf. annexe 1).
Un inventaire du mobilier est joint à la fin ce DFS (Cf. annexe 2).
3.1.1 - La céramique
Celle-ci provient essentiellement des déblais liés au terrassement de la cale
et réutilisés comme remblais afin de constituer le terre plein du quai (Str 1).
De ce fait, tout ce mobilier est hors contexte et ne peu donc pas être utilisé
comme élément de datation précis.
Ce dernier très hétérogène et fragmenté est principalement constitué de
vaisselle domestique du XVII[ème
e
t xix
eme
siècle (faïence, grès).
3.1.2 - Le mobilier métallique
Celui-ci est particulièrement bien représenté par une trentaine d'objets
ferreux et non ferreux assez bien conservé. Cette particularité est dut au milieu
anaérobie dans lequel ceux-ci étaient enfouis.
Seuls les objets déterminés seront décrits dans ce chapitre.
3.1.2.1 - Les monnaies
Sur les quatorze monnaies recueillies sur le site de "République" seules onze
d'entre elles ont put être identifiées (Cf. annexe 1).
Un lot de neuf monnaies gallo-romaines a été découvert dans les niveaux
d'alluvions anthropisés (US.1037 et 1041b). Cet ensemble homogène se trouvait
concentré sur quelques mètre carré à l'intérieur du pilotis lié à la fondation de la
pile du Pont-Neuf (F.6). Leur état de conservation est généralement très mauvais
(aspect rugueux). Cela est vraisemblablement dut au frottement répété du sable
sur les monnaies.
Cette trouvaille peut être mise en relation avec les nombreuses découvertes
monétaires effectuées durant la canalisation de la Vilaine et lors du terrassement
de la cale du Pré-Botté au milieu du XVlll®
me
siècle
1
.
1
A.Toulmouche, histoire archéologique de l'époque gallo-romaine de la ville de Rennes, 1847, page
161 à 163.
3.1.2.2 - Le matériel domestique :
- Deux assiettes en étain (photo 29) dont l'une est estampillée au nom de
GUEBIOT (photo 30). Leur diamètre varie de 230 mm à 260 mm.
- Un manche de canif en os sculpté à représentation zoomorphique (L. 90
mm; 1.15 mm), (photo 32).
- Une clé de serrure en fer (L. 170 mm; I. 45 mm).
- Un fragment de cuillère en étain (L. 80 mm; I. 45 mm; Prof; 10 mm).
3.1.2.3- Les objets de parure :
Des boucles destinées à l'équipement vestimentaire, des agrafes et de très
nombreuses épingles en laiton ont été retrouvées.
Un lot de quatre boucles en bronze de forme hémicirculaire double à traverse
médiane a été mis au jour dans le Fait 13. Trois tailles sont représentées (L. 47
mm, I. 36 mm; L. 35 mm, I. 25 mm et L. 32 mm, I. 22 mm).
Elles présentent toutes des traces de ratés de fabrication. Deux d'entre elles
sont encore solidaires par le canal de coulée (photo 35).
3.1.2.4- Les autres objets :
Un petit plateau en alliage cuivreux de 30 mm de diamètre a été mis au jour
dans le remblai de la cale (F.9). Cet objet présente sur son fond deux poissons
stylisés placés tête-bêche (signe zodiacale ?). L'espèce reproduite semble
s'apparenter à deux brochets (famille des ésocidés).
Ce décor en relief ne semble pas gravé mais plutôt moulé dans la masse lors
de la fabrication de l'objet (photo 33).
3.1.3 - Le mobilier non métallique
De nombreux objets, de nature très différentes, ont été découverts dans le
même contexte que le mobilier cité précédemment. Seuls ceux présentant un
certain intérêt seront présentés ici.
3.1.3.1 - Les objets divers :
- Nombreux fragments de pipes (fourneau et tuyau) de factures différentes
(photo 31).
- Une statuette en terre blanche représentant une vierge à l'Enfant. Les têtes
des deux personnages sont manquantes (H. 85 mm), (photo 28).
- Un fragment de moule en argile pour fabriquer des boucles vestimentaires
quadrangulaires de 24 mm de côté (photo 34).
- Deux billes modelées en terre blanche de 15 et 25 mm de diamètre (balle
de fronde ou jeux ?).
- Un fragment de table de jeu de marelle en schiste dont le décor, très
rudimentaire, a simplement été gravé à l'aide d'un instrument pointu.
- Une petite pierre à aiguiser (grain fin) de section circulaire (60 mm). Longue
de 65 mm, elle est traversée par un orifice circulaire de 25 mm de diamètre. Elle
porte sur sa face de nombreuses traces d'usure.
Photo 27 : fragment d'une table de jeux de marelle en schiste, iso.
US. 1065/05.
(cliché H. Paitier)
Photo 28 : statuette en terre blanche représentant une vierge à l'enfant, H.85 mm. Iso. US.1016/08.
(Cliché H. Paitier)
Photo 29 : lot de deux assiettes en étain (diamètre 260 mm et 230 mm), iso.
US.
1016/12 et 13. (cliché H.
Paitier)
Photo 30 : vue de détail de l'estampille gravée sur une des assiettes en étain, iso. US 1016/12.
(cliché H. Paitier)
Photo 31 : fourneaux de pipes en terre blanche du XVIIème/XVIilème siècle, iso. US1022/6, 9 et 11.
(cliché H. Paitier)
Photo 32 : fragment d'un manche de canif en os sculpté. Représentation zoomorphique (poisson?). Iso.
US. 1016/11.
(cliché H. Paitier)
Photo 33 : vue de détail du petit plateau en cuivre (diamètre 30 mm). On distingue gravé à l'intérieur de
celui-ci deux poissons (brochets ?). Iso. US1022/08. (Cliché H. Paitier)
Photo 34 : fragment d'un moule de boucle vestimentaire en argile, iso. US. 1065/03. (cliché H. Paitier)
Photo 35 : lot de quatre boucles vestimentaires en bronze présentant des traces de ratés de fabrication,
iso.
US. 1065/04.
(cliché H. Paitier)
Photo 36 : fragment d'un petit creuset de bronzier?, iso.
US. 1083/01.
(cliché H. Paitier)
CONCLUSION
La fouille de la future station de métro "République" nous a permis, malgré les
importantes perturbations modernes, de mettre au jour des vestiges
archéologiques conséquents répartis sur trois grandes phases.
La première concerne les niveaux d'alluvions anciennes de l'ancien bras de
la Vilaine, mis au jour sur l'ensemble de la fouille.
L'étude paléoenvironnementale entreprise sur ces derniers (palyno, dendro
et granulo) est intégré dans la deuxième partie de ce rapport sous la direction de
Anne GEBHARDT.
Les vestiges d'un pont du XVII
ème
siècle matérialisé par deux ensembles de
pieux, sont apparus dans la zone 2. Ces pilotis correspondaient aux semelles de
fondation de la pile et de la culée nord du Pont-Neuf, construites à partir du 12 juin
1612.
Malgré l'arasement considérable subi par ces structures lors de l'édification
de la cale du Pré-Botté, leurs découvertes nous renseignent sur les techniques de
constructions utilisées par les bâtisseurs de pont.
Les relevés entrepris sur celui-ci ont permis de le repositionner parfaitement
dans le contexte géographique actuel.
Le xixème siècle est marqué par la mise au jour partielle de la cale du Pré-
Botté construite à partir de 1840 et abandonnée vers 1880.
La redécouverte de cet ensemble nous a permis de mieux comprendre la
manière dont celui-ci fut édifié et surtout de se rendre compte de l'impact
destructeur engendré par sa mise en place sur les occupations antérieures.
Ce fut aussi l'occasion de faire renaître du passé un ouvrage lié à la
batellerie, activité économique naguère très importante dans la vie de la cité
rennaise. Malgré une utilisation intense d'environ quarante années, cette cale
n'est à notre connaissance représentée sur aucune lithographie.
Dans la mesure ou le site se situe dans l'ancien lit de la Vilaine, cela pourrait
expliquer l'absence d'occupation pour les périodes gallo-romaine et médiévale.
De plus, les nombreux aménagements relatifs à l'occupation moderne
(canalisation de la Vilaine et construction de la cale) pourraient avoir tronqué les
niveaux archéologiques susceptibles de se trouver en place. Cet état de fait
semble expliquer l'absence totale de mobilier et de structures antérieurs au
xvilème
S
jècle.
RENNES "PLACE DE LA RÉPUBLIQUE
(35 238 72) (llle-et-Vilaine)
2ème partie
RAPPORT PALÉO-ENVIRONNEMENTALI
Sous la direction de Anne GEBHARDT
Avec la collaboration de Sofie VERTONGEN, Dominique MARGUERIE
et Vincent BERNARD
Ministère de la Culture et de la Communication
S.R.A. de Bretagne, Rennes
A.F.A.N.
1999
Etude paléo-environnementale du cours de la Vilaine
à la futur station VAL-République
(Rennes, llle-et-Vilaine)
Le présent rapport du site Val-République (Rennes) porte
principalement sur les résultats de l'analyse sédimentologique. Les
principaux résultats issus des datations (C14, dendrochronologie) et des
analyses paléo-botaniques (xylologie, palynologie) sont simplement
mentionnés, les données complètes devant être jointes en annexe de ce
rapport. Enfin, l'ensemble des résultats a permis d'effectuer une
synthèse paléo-environnementale de l'évolution du paysage et du degré
d'anthropisation du Bassin de la Vilaine aux différentes époques de son
fonctionnement.
4 - LES ANALYSES SEDIMENTOLOGIQUES : (Anne Gebhardt)
L'observation des niveaux non anthropisés du lit de la Vilaine, fait
état d'une stratigraphie très irrégulière, lenticulaire reflétant une
dynamique d'écoulement en chenaux multiples avec des phases de dépôt
calme, voire de bras mort et des reprises dans la dynamique de dépôt.
Des prélèvements granulométriques ont été effectués dans la
plupart des niveaux rencontrés afin de préciser cette dynamique de mise
en place et de pointer d'éventuelles phases d'abandon des chenaux.
4.1 - Le travail de terrain_
4.1.1 - Les sondages
Suivant les contraintes techniques dues à l'exiguïté de la fouille,
la présence de la nappe et à l'évacuation des déblais, les sondages ont
étéè fait en deux temps.
- une première série de sondages nord sud, perpendiculaire au cours
actuelle de la Vilaine (T1, T2, T3, fig.19)
- une seconde série de profils, parallèle à ce dernier, effectuée en
fin de chantier lors du décapage total des niveaux a permis de tenter un
raccordement des niveaux entre eux.
!T2CpO
COUPE 3
S2T2CpO:
COUPE 4
S2T3Cp02
COUPE 5
S2T1
Cp02bis
COUPE 6
S2T4Cp01
S2T1
Cp03
S2T1Cp01
COUPE 2
S2T3Cp01
COUPE 1
RENNES
VAL - STATION REPUBLIQUE
Place de la République
( 35 238 072 )
Planimétrie: système de projection VDR.
Fig. 19 : localisation des coupes stratigraphiques avec anciennes et nouvelles numérotations.
Si toutes les coupes ont été relevées, seules trois d'entre elles
(une par tranchée principale) ont fait l'objet d'une description
géomorphologique détaillée et de prélèvements granulométriques :
- T1Cp01,
- T2Cp02,
- T3Cp01
4.1.2 - Description macroscopique des niveaux principaux
Pour plus de clarté, la description macroscopique des principaux
niveaux décrits est reportée sur le tableau suivant (fig.20) Une nouvelle
numérotation simplifiée des coupes a été utilisée pour la description
archéologique des sédiments. Pour garder une homogénéité
d'interprétation et-éviter la multiplication des erreurs dans l'intitulé
des échantillons, nous garderons l'appellation de terrain dans le rapport
sédimentologique. La correspondance des appellations est reportée dans
le tableau.
Les dates obtenues, commentées dans la synthèse paléo-
environnementales, ont été reportées sur le tableaux (fig.20).
Localisatio
ancienne
numérot
0
coupe
n
nouvelle US
numérot
0
coupe
Description macroscopique
Couleur / code Prél
Gr.
îvem
Pa
ents
Ca Da
TlS2Cp2 Cp 2bis
1036a argile pure, quelques sables grossiers
(1mm), vivianite, devient massive à l'Ouest
; limite diffuse avec 1036b
gris-brun
10YR4/1
TlS2Cp2 Cp 2bis
1036b argile sableuse avec quelques poches plus
sableuse ; limite diffuse avec 1041h
gris-brun 10YR4/1
**
TlS2Cpl Cp2
1037 sables et graviers dans un matrice
sableuse, hétérogène, meuble
gns-noir
TlS2Cpl
Cp2
1038 sable homogène, assez grossier, avec
lentilles organiques,
gris-vert
1039
graviers et cailloutis dans matrice argileuse
hétérogène, compacte, très localisé.
gris-
jaune
TlS2Cpl
Cp2
1040
argile sableuse avec nombreux fragments
organiques peu décomposés, petites
passées sableuses lenticulaires et quelques
gros galets peu roulés, limite nette de
texture avec 1042
gris-brun
/rouille
10YR4/1
10YR3/4
tronc 250 1041
niveau décrit précisément de a à 1 dans
lequel est pris le tronc 250
3940±70BP
TlS2Cpi Cp 2 1041a gravier grossier (2-3mm) à dominante de
quartzite dans matrice sableuse grossière
gris-brun 10YR5/1
TlS2Cpl
Cp 2
1041b